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Bagnolet. face aux violences, le maire réclame des renforts de police

Depuis trois semaines, Bagnolet, en Seine-Saint-Denis, est secouée par des violences intenses. Quatre personnes ont été blessées par balle. Les habitants se sentent abandonnés. Le maire (PS) et le député de la circonscription (FI), réclament des renforts policiers. Depuis trois semaines, Bagnolet, en Seine-Saint-Denis fait face à une forte augmentation de violences. Quatre personnes, dont trois étaient connues de la police, ont été blessées par balles et des dizaines de voitures ont été incendiées. Le maire et la police parlent d’une guerre de territoires entre trafiquants de drogue.

Depuis le 9 avril, les habitants parlent de véritables scènes de films qui se déroulent dans les rues de Bagnolet. Plusieurs personnes ont été blessées par balles, des coups de feu ont été tirés devant un café, sur un immeuble et sur la porte d’un appartement du quartier, précise France Bleu Paris. Dans la nuit de jeudi à vendredi, cinq voitures ont brûlé. Dix autres ont été incendiées dans la nuit de mardi à mercredi, après qu’un jeune homme de 22 ans a été blessé par balles mardi soir.

Des CRS déployés depuis mercredi Le maire (PS) Tony Di Martino et le député de la circonscription (FI) Alexis Corbière réclament des renforts policiers en plus de la brigade de 15 agents déployée il y a un an et l’ouverture d’un commissariat 24 h / 24. Ils ont été reçus ce vendredi par le préfet de Seine-Saint-Denis et demandent un rendez-vous à Gérard Collomb, le ministre de l’Intérieur.. « Je n’ai pas le souvenir d’avoir connu une telle situation dans notre ville », constate Tony Di Martino pour qui la situation est une « guerre de territoires » entre trafiquants. Depuis mercredi, des CRS sont déployés dans le quartier de la Capsulerie notamment, connu pour ses trafics de drogue.

Mais la présence des forces de l’ordre n’empêche pas le trafic, note une journaliste de l’AFP, dans un reportage. Le « four » (point de vente) est ouvert de midi à minuit. On y vend essentiellement du cannabis, pour un chiffre d’affaires quotidien estimé à plusieurs milliers d’euros. Des centaines d’acheteurs défilent chaque jour, au vu de tous. Parfois, « la file d’attente va jusqu’à l’entrée de la cité », raconte une habitante. Cheveux courts, veste en jean, elle qui vit là depuis plus de 40 ans, estime que la situation a commencé à se dégrader il y a sept ans.

Jusque-là, le trafic se pratiquait à petite échelle « caché dans les appartements », raconte-t-elle autour d’un café avec deux voisines. « Il y avait une bonne ambiance dans le quartier, et vous viviez aux portes de Paris pour pas cher ». « On ne voit plus d’issue » Mais l’emplacement, à 400 mètres du métro, au pied du périph, de l’autoroute et d’une gare routière, a aussi tapé dans l’oeil des dealers. Poussés notamment par le démantèlement de trafics dans les villes alentour, expliquent les habitants, ils ont peu à peu pris possession de la cité. Aujourd’hui, des guetteurs surveillent les allées et venues, dévisagent les passants.

« À un moment, ils nous demandaient notre carte d’identité pour entrer dans les immeubles », racontent les trois voisines. Comme elles, tous les habitants rencontrés décrivent une ambiance « pesante ». « Lorsque j’ai pris mes fonctions, raconte un gardien, ils ont mis quelqu’un derrière la fenêtre de la loge pour me surveiller. Il est resté là deux mois, il me suivait quand je sortais ». Contactée, la préfecture dit avoir pris en compte la « situation de violence » et assure qu’une présence policière renforcée sera maintenue « jusqu’à nouvel ordre ». Mais les habitants craignent que cela ne suffise pas: « Le quartier a été abandonné, on a laissé le trafic s’installer. Aujourd’hui, il est là, en permanence. On ne voit plus d’issue. »

Cet article a été modifié le 29 avril 2018 7 h 22 min

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